Laboratoire orbital avant tout, l'ISS a aussi produit des retombées bien concrètes sur Terre. Un bras robotique devenu outil de neurochirurgie, un système de recyclage d'eau utilisé dans l'humanitaire, une formulation contre le cancer mise au point en apesanteur : voici trois inventions vérifiées, directement issues de la station.
Du bras robotique de l'ISS à la neurochirurgie
Canadarm2, le bras robotique de 17 mètres qui manipule les modules et les vaisseaux cargo de l'ISS, a donné naissance à une technologie médicale insoupçonnée. En s'appuyant sur la précision extrême développée pour ce bras et pour Dextre, son complément dédié aux réparations fines, une équipe de l'université de Calgary a mis au point neuroArm, le premier robot chirurgical capable d'opérer un patient à l'intérieur même d'un appareil d'imagerie par résonance magnétique.
Depuis la première opération réalisée avec cette technologie en 2008, neuroArm a permis de traiter avec succès des dizaines de patients atteints de tumeurs cérébrales, avec une précision et une absence de tremblement impossibles à atteindre pour une main humaine. La technologie a depuis été rachetée et développée par des fabricants d'équipements médicaux, et a inspiré d'autres outils de chirurgie assistée par robot utilisés aujourd'hui dans plusieurs hôpitaux.
Recycler l'eau, de l'orbite jusqu'aux zones sinistrées
Le système de recyclage d'eau de l'ISS parvient à récupérer et purifier 93 % de l'eau utilisée à bord, y compris l'humidité de l'air et l'urine de l'équipage, pour la retransformer en eau potable. Cette technologie de filtration avancée, développée pour fonctionner de manière fiable dans un environnement fermé où aucune perte n'est tolérable, a depuis été adaptée pour un usage bien terrestre.
Des versions dérivées de ces systèmes de filtration ont été déployées pour fournir de l'eau potable dans des régions où l'accès à l'eau propre reste difficile, notamment au Pakistan, en République dominicaine et dans le nord de l'Irak. La même technologie se retrouve aujourd'hui, sous une forme grand public, dans certaines gourdes filtrantes et unités de purification portables.
Une injection contre le cancer, mise au point en apesanteur
L'un des exemples les plus concrets vient de la recherche sur la cristallisation de protéines en microgravité. En orbite, l'absence de convection permet à certaines protéines de former des cristaux plus purs et plus réguliers qu'au sol, facilitant leur étude.
Dans le cadre d'une collaboration avec le laboratoire pharmaceutique Merck, des expériences menées à bord de l'ISS sur la cristallisation du pembrolizumab, un anticorps monoclonal utilisé dans le traitement de plusieurs cancers dont le mélanome et certains cancers du poumon, ont permis de mettre au point une nouvelle formulation administrable par simple injection sous-cutanée plutôt que par perfusion intraveineuse. Cette formulation a depuis reçu l'approbation de l'agence américaine du médicament, la FDA, simplifiant concrètement le traitement de nombreux patients.
