Le 22 janvier 2010, l'astronaute T.J. Creamer envoie le tout premier message publié en direct depuis l'espace : « Bonjour Twitterverse ! ». Depuis, la connexion Internet de l'ISS est passée de quelques mégabits à plus d'un gigabit par seconde.
Un bureau à distance, pas une connexion directe
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, les ordinateurs portables des astronautes ne se connectent pas directement à Internet. Le système, baptisé Crew Support LAN, fonctionne par bureau à distance : l'équipage pilote, depuis son laptop en orbite, un ordinateur resté au sol, qui lui, accède réellement au réseau. Tout ce que l'astronaute voit et manipule est en réalité affiché depuis la Terre.
Ce détour n'est pas un caprice technique. Il permet de garder un contrôle total sur ce qui transite par la liaison avec la station, dans un environnement où chaque kilobit de bande passante a longtemps été une ressource rare et précieuse.
Le premier tweet, envoyé en 2010
Avant 2010, l'équipage disposait déjà d'un accès à l'email et à la visioconférence, mais aucun usage personnel similaire à une navigation web classique. Le 22 janvier 2010, la mise en service du Crew Support LAN change la donne : l'astronaute T.J. Creamer envoie le tout premier message publié en direct depuis l'espace, ouvrant la voie à une présence désormais routinière des astronautes sur les réseaux sociaux.
À l'époque, le débit disponible pour un usage personnel plafonnait autour de 3 mégabits par seconde en émission et 10 en réception, une vitesse déjà jugée remarquable pour une liaison depuis l'orbite.
De quelques mégabits à plus d'un gigabit
La bande passante globale de la station a considérablement augmenté depuis. En 2019, une mise à niveau porte le débit total disponible à 600 mégabits par seconde, doublant la quantité de données que la station peut échanger à tout instant.
En 2023, la NASA installe à bord de l'ISS un terminal de communication par laser baptisé ILLUMA-T, capable de transmettre des données vers un satellite relais à une vitesse pouvant atteindre 1,2 gigabit par seconde, contre 52 mégabits pour la voie montante. Les communications infrarouges par laser offrent un débit dix à cent fois supérieur aux systèmes radiofréquence classiques, tout en consommant moins d'énergie et en occupant moins de place à bord.

